Contes de Shakespeare : Roméo et Juliette

Roméo et Juliette

Les deux principales familles de Vérone étaient les riches Capulet et les Montaigu. Il y avait eu une vieille querelle entre ces familles, qui avait atteint un tel sommet, et l'inimitié entre elles était si meurtrière, qu'elle s'étendait à la parenté la plus éloignée, aux partisans et aux serviteurs des deux côtés, à tel point qu'un serviteur de la maison de Montague ne pouvait pas rencontrer un serviteur de la maison de Capulet, ni une rencontre Capulet avec un Montague par hasard, mais des paroles féroces et parfois des effusions de sang s'ensuivirent ; et fréquentes étaient les bagarres de ces rencontres accidentelles, qui troublaient l'heureuse tranquillité des rues de Vérone.



Le vieux lord Capulet fit un grand souper auquel furent conviés beaucoup de belles dames et de nobles convives. Toutes les beautés admirées de Vérone étaient présentes, et tous les arrivants étaient bien accueillis s'ils n'étaient pas de la maison de Montague. A cette fête des Capulets, Rosaline, bien-aimée de Roméo, fils du vieux lord Montague, était présente ; et bien qu'il fût dangereux pour un Montague d'être vu dans cette assemblée, Benvolio, un ami de Roméo, persuada le jeune seigneur d'aller à cette assemblée déguisé en masque, afin qu'il pût voir sa Rosaline, et, la voyant , comparez-la à quelques beautés de choix de Vérone, qui (dit-il) lui feraient croire que son cygne est un corbeau. Roméo avait peu de foi dans les paroles de Benvolio ; néanmoins, pour l'amour de Rosaline, il s'est laissé persuader d'y aller. Car Roméo était un amant sincère et passionné, et qui perdait son sommeil par amour et fuyait la société pour être seul, pensant à Rosaline, qui le dédaignait et ne lui rendait jamais la moindre marque de courtoisie ou d'affection ; et Benvolio voulait guérir son ami de cet amour en lui montrant la diversité des dames et de la compagnie. A cette fête des Capulets, donc, le jeune Roméo, accompagné de Benvolio et de leur ami Mercutio, se rendit masqué. Le vieux Capulet leur souhaita la bienvenue et leur dit que les dames qui n'avaient pas les orteils infestés de cors danseraient avec eux. Et le vieil homme était léger et joyeux, et a dit qu'il avait porté un masque quand il était jeune et qu'il aurait pu raconter une histoire à voix basse à l'oreille d'une belle dame. Et ils se mirent à danser, et Roméo fut soudain frappé de l'extrême beauté d'une dame qui dansait là, qui lui sembla apprendre aux torches à briller avec éclat, et sa beauté à montrer la nuit comme un riche bijou porté par un nègre ; beauté trop riche pour l'usage, trop chère pour la terre ! comme une colombe enneigée avec des corbeaux (dit-il), sa beauté et ses perfections brillaient si richement au-dessus des dames ses compagnes. Tandis qu'il prononçait ces louanges, il fut entendu par Tybalt, un neveu de Lord Capulet, qui le savait par sa voix comme étant Roméo. Et ce Tybalt, d'un tempérament fougueux et passionné, ne pouvait supporter qu'un Montague vienne, sous le couvert d'un masque, pour s'enfuir et mépriser (comme il disait) leurs solennités. Et il a pris d'assaut et a fait rage excessivement, et aurait tué le jeune Roméo. Mais son oncle, le vieux seigneur Capulet, ne voulut pas qu'il lui fasse de mal à ce moment-là, à la fois par respect pour ses hôtes et parce que Roméo s'était comporté en gentilhomme et que toutes les langues à Vérone se vantaient de lui comme d'un vertueux et jeunesse bien gouvernée. Tybalt, forcé d'être patient contre son gré, se retint, mais jura que ce vil Montague paierait à un autre moment cher son intrusion.

La danse terminée, Roméo regarda l'endroit où se tenait la dame ; et à la faveur de son habitude de masquer, qui pourrait sembler excuser en partie la liberté, il se présuma de la manière la plus douce de la prendre par la main, l'appelant un sanctuaire, que s'il profanait en le touchant, il était un pèlerin rougissant et l'embrasserait pour l'expiation.

?Bon pèlerin,? répondit la dame, ?votre dévouement se montre beaucoup trop courtois et trop courtois. Les saints ont des mains que les pèlerins peuvent toucher mais pas baiser.?

?N'ont-ils pas des lèvres de saints, et les pèlerins aussi ?? dit Roméo.

?Toujours,? dit la dame, ?lèvres qu'ils doivent utiliser dans la prière.?

?Oh, alors, mon cher saint,? dit Roméo, ?écoute ma prière et exauce-la, de peur que je ne désespère.?

Dans de telles allusions et vanités amoureuses, ils étaient engagés lorsque la dame a été appelée chez sa mère. Et Roméo, cherchant qui était sa mère, découvrit que la dame dont il était si frappé par la beauté incomparable était la jeune Juliette, fille et héritière du seigneur Capulet, le grand ennemi des Montaigu ; et qu'il avait inconsciemment engagé son cœur à son ennemi. Cela le troublait, mais cela ne pouvait pas le dissuader d'aimer. Aussi peu de repos eut Juliette quand elle découvrit que l'homme doux avec qui elle parlait était Roméo et un Montague, car elle avait été subitement frappée de la même passion hâtive et inconsidérée pour Roméo qu'il avait conçue pour elle ; et une prodigieuse naissance d'amour lui sembla qu'elle devait aimer son ennemi et que ses affections devaient s'établir là, où les considérations de famille devaient la porter surtout à haïr.

Comme il était minuit, Roméo et ses compagnons s'en allèrent ; mais ils le manquèrent bientôt, car, ne pouvant s'éloigner de la maison où il avait laissé son cœur, il sauta le mur d'un verger qui était au fond de la maison de Juliette. Il n'y avait pas longtemps qu'il ruminait sur son nouvel amour, quand Juliette apparut au-dessus d'une fenêtre, à travers laquelle son extrême beauté semblait se briser comme la lumière du soleil à l'est ; et la lune, qui brillait dans le verger d'une faible clarté, parut à Roméo malade et pâle de douleur à l'éclat supérieur de ce nouveau soleil. Et elle appuyait sa joue sur sa main, il se souhaitait passionnément un gant sur cette main, afin de lui toucher la joue. Elle fit tout cela en se croyant seule, poussa un profond soupir et s'écria :

?Ah moi !?

Roméo, ravi de supporter sa parole, dit, doucement et sans qu'elle l'entende, ?Oh, parle encore, ange brillant, car tel tu es, étant au-dessus de ma tête, comme un messager ailé du ciel que les mortels se replient pour contempler.?

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Elle, inconsciente d'être entendue et pleine de la passion nouvelle que l'aventure de cette nuit avait fait naître, appela son amant par son nom (qu'elle supposa absent). ?Ou Roméo, Roméo !? dit-elle, ?pourquoi es-tu Roméo ? Renie ton père et refuse ton nom, à cause de moi ; ou si tu ne le veux pas, sois mon amour juré, et je ne serai plus Capulet.?

Roméo, ayant cet encouragement, eût voulu parler, mais il désirait en savoir davantage ; et la dame continua son discours passionné avec elle-même (comme elle le pensait), reprochant toujours à Roméo d'être Roméo et un Montague, et lui souhaitant un autre nom, ou qu'il repousserait ce nom détesté, et pour ce nom qui n'était pas une partie de lui-même il devrait prendre tout elle-même. A ce mot d'amour Roméo ne put plus se retenir, mais, reprenant le dialogue comme si ses paroles lui eussent été adressées personnellement, et pas seulement par fantaisie, il lui dit de l'appeler Amour, ou de quelque autre nom qu'elle lui plaisait, car il n'était plus Roméo, si ce nom lui déplaisait. Juliette, effrayée d'entendre une voix d'homme dans le jardin, ne sut d'abord qui c'était qui, à la faveur de la nuit et des ténèbres, était ainsi tombé sur la découverte de son secret ; mais quand il reprit la parole, bien que ses oreilles n'aient pas encore bu cent mots de cette langue, pourtant si belle est l'ouïe d'une amante qu'elle le reconnut immédiatement pour être le jeune Roméo, et elle expliqua avec lui le danger qu'il courait. s'est exposé en escaladant les murs du verger, car si l'un de ses parents l'y trouvait, ce serait la mort pour lui, étant un Montague.

?Un manque!? dit Roméo, ?il y a plus de péril dans ton œil que dans vingt de leurs épées. Regardez-moi bien, madame, et je suis à l'épreuve de leur inimitié. Mieux vaut ma vie se terminer par leur haine que cette vie haïe devrait se prolonger pour vivre sans ton amour.?

?Comment êtes-vous venu dans cet endroit,? dit Juliette, ?et par quelle direction ??

?L'amour m'a dirigé,? répondit Roméo. ?Je ne suis pas pilote, mais si tu étais aussi éloigné de moi que ce vaste rivage baigné par la mer la plus éloignée, je m'aventurerais pour une telle marchandise.?

Une rougeur cramoisie passa sur le visage de Juliette, que Roméo n'avait pourtant pas vu à cause de la nuit, lorsqu'elle repensa à la découverte qu'elle avait faite, sans le vouloir pourtant, de son amour pour Roméo. Elle aurait voulu se souvenir de ses paroles, mais c'était impossible ; elle aurait voulu se tenir debout sur la forme et tenir son amant à distance, comme le veut la coutume des dames discrètes, de froncer les sourcils et d'être perverse et de donner d'abord à leurs prétendants des démentis sévères ; se tenir à l'écart et affecter une timidité ou une indifférence là où ils aiment le plus, afin que leurs amants ne les pensent pas trop à la légère ou trop facilement gagnés ; car la difficulté d'atteindre augmente la valeur de l'objet. Mais il n'y avait pas de place dans son cas pour les démentis, ou les remises à plus tard, ou l'un des arts coutumiers du retard et de la parade nuptiale prolongée. Roméo avait entendu de sa propre langue, alors qu'elle ne rêvait pas qu'il était près d'elle, un aveu de son amour. Ainsi, avec une honnête franchise que la nouveauté de sa situation excusait, elle confirma la vérité de ce qu'il avait entendu auparavant, et, lui adressant le nom de BELLE MONTAGUE (l'amour peut adoucir un nom aigre), elle le supplia de ne pas lui imputer sa facilité cédant à la légèreté ou à un esprit indigne, mais qu'il devait en imputer la faute (si c'était une faute) à l'accident de la nuit qui avait si étrangement découvert ses pensées. Et elle ajouta que, bien que sa conduite envers lui ne fût peut-être pas assez prudente, mesurée par la coutume de son sexe, elle se révélerait cependant plus vraie que beaucoup dont la prudence était dissimulée et leur modestie artificielle la ruse.

Roméo commençait à prendre le ciel à témoin que rien n'était plus éloigné de sa pensée que d'imputer une ombre de déshonneur à une si honorée dame, lorsqu'elle l'arrêta en le suppliant de ne pas jurer ; car, bien qu'elle se réjouissait de lui, elle n'avait pourtant aucune joie du contrat de cette nuit-là ? C'était trop téméraire, trop imprudent, trop soudain. Mais il pressait avec elle d'échanger un vœu d'amour avec lui cette nuit-là, elle lui dit qu'elle lui avait déjà donné le sien avant qu'il ne le demande, c'est-à-dire lorsqu'il l'entendit se confesser ; mais elle retirerait ce qu'elle accordait alors, pour le plaisir de le redonner, car sa générosité était aussi infinie que la mer, et son amour aussi profond. De cette conférence d'amour, elle fut rappelée par sa nourrice, qui coucha avec elle et crut qu'il était temps pour elle d'être au lit, car le jour était proche ; mais, revenant à la hâte, elle dit encore trois ou quatre mots à Roméo dont le but était que si son amour était vraiment honorable, et son mariage, elle lui enverrait un messager demain pour fixer une date pour leur mariage. , quand elle mettrait toute sa fortune à ses pieds et le suivrait comme son seigneur à travers le monde. Pendant qu'ils réglaient ce point, Juliette fut appelée à plusieurs reprises par sa nourrice, et entra et revint, et revint encore, car elle semblait aussi jalouse de Roméo qui s'éloignait d'elle qu'une jeune fille de son oiseau, qu'elle laissera sauter. un peu de sa main et l'arracher avec un fil de soie ; et Roméo répugnait autant qu'elle à se séparer, car la musique la plus douce pour les amoureux est le bruit de la langue de l'autre la nuit. Mais enfin, ils se séparèrent, se souhaitant mutuellement un doux sommeil et du repos pour cette nuit.

Le jour se levait quand ils se séparèrent, et Roméo, trop plein de pensées sur sa maîtresse et sur cette rencontre bénie pour lui permettre de dormir, au lieu de rentrer chez lui, se dirigea vers un monastère tout près, pour trouver frère Laurent. Le bon moine était déjà debout à ses dévotions, mais, voyant le jeune Roméo à l'étranger si tôt, il conjectura à juste titre qu'il n'avait pas été couché cette nuit-là, mais qu'une détrempe de l'affection juvénile l'avait tenu éveillé. Il avait raison d'attribuer à l'amour la cause de l'éveil de Roméo, mais il se trompait sur l'objet, car il pensait que son amour pour Rosaline l'avait tenu éveillé. Mais lorsque Roméo révéla sa nouvelle passion pour Juliette et demanda l'aide du frère pour les épouser ce jour-là, le saint homme leva les yeux et les mains dans une sorte d'étonnement devant le changement soudain dans les affections de Roméo, car il avait été au courant à tout l'amour de Roméo pour Rosaline et ses nombreuses plaintes contre son dédain ; et il dit que l'amour des jeunes gens n'était pas vraiment dans leur cœur, mais dans leurs yeux. Mais Roméo répondant qu'il l'avait lui-même souvent reproché de raffoler de Rosaline, qui ne pouvait plus l'aimer, tandis que Juliette l'aimait et était à la fois aimée de lui, le frère approuva en quelque sorte ses raisons ; et pensant qu'une alliance matrimoniale entre la jeune Juliette et Roméo pourrait heureusement être le moyen de combler la longue brèche entre les Capulet et les Montaigu, dont personne ne se lamentait plus que ce bon frère qui était l'ami des deux familles et avait souvent interposé sa médiation pour arranger la querelle sans effet ; mû en partie par la politique et en partie par son penchant pour le jeune Roméo, à qui il ne pouvait rien refuser, le vieillard consentit à se marier.

Maintenant Roméo était vraiment bienheureux, et Juliette, qui connaissait son intention d'un messager qu'elle avait expédié selon la promesse, ne manqua pas d'être de bonne heure à la cellule de frère Laurent, où leurs mains étaient jointes en de saintes noces, le bon frère priant le ciel de sourire de cet acte, et dans l'union de ce jeune Montague et de ce jeune Capulet, d'enterrer les vieilles querelles et les longues dissensions de leurs familles.

La cérémonie terminée, Juliette courut chez elle, où elle resta, impatiente de la venue de la nuit, alors que Roméo promit de venir la rencontrer dans le verger, où ils s'étaient rencontrés la veille ; et l'intervalle lui parut aussi fastidieux que la veille d'une grande fête semble à un enfant impatient qui a de nouveaux parures qu'il ne peut revêtir que le matin.

Ce même jour, vers midi, les amis de Roméo, Benvolio et Mercutio, se promenant dans les rues de Vérone, rencontrèrent un groupe de Capulet avec l'impétueux Tybalt à leur tête. C'était le même Tybalt en colère qui se serait battu avec Roméo au festin du vieux seigneur Capulet. Lui, voyant Mercutio, l'accusa carrément de s'associer à Roméo, un Montague. Mercutio, qui avait en lui autant de feu et de sang de jeunesse que Tybalt, répondit à cette accusation avec quelque acuité ; et malgré tout ce que Benvolio put dire pour modérer leur colère, une querelle commençait quand, Roméo lui-même passant par là, le farouche Tybalt se détourna de Mercutio pour Roméo, et lui donna l'appellation honteuse de scélérat. Roméo voulait surtout éviter une querelle avec Tybalt, parce qu'il était le parent de Juliette et qu'elle l'aimait beaucoup ; d'ailleurs ce jeune Montague n'était jamais complètement entré dans la querelle de famille, étant par nature sage et doux, et le nom d'un Capulet, qui était le nom de sa chère dame, était maintenant plutôt un charme pour apaiser les ressentiments qu'un mot d'ordre pour exciter la fureur. Aussi essaya-t-il de raisonner Tybalt, qu'il salua avec douceur du nom de BON CAPULET, comme s'il eût, quoique Montague, quelque plaisir secret à prononcer ce nom ; mais Tybalt, qui haïssait tous les Montaigu comme il haïssait l'enfer, n'entendit aucune raison, mais dégaina son arme ; et Mercutio, qui ne connaissait pas le motif secret de Roméo pour désirer la paix avec Tybalt, mais considérait sa patience actuelle comme une sorte de calme soumission déshonorante, avec de nombreuses paroles dédaigneuses qui provoquèrent Tybalt à la poursuite de sa première querelle avec lui ; et Tybalt et Mercutio se sont battus, jusqu'à ce que Mercutio tombe, recevant la blessure de sa mort tandis que Roméo et Benvolio essayaient vainement de séparer les combattants. Mercutio étant mort, Roméo ne garda plus son sang-froid, mais lui rendit l'appellation méprisante de méchant que Tybalt lui avait donnée, et ils se battirent jusqu'à ce que Tybalt soit tué par Roméo. Ce grondement mortel tombant au milieu de Vérone à midi, la nouvelle amena rapidement sur place une foule de citoyens et parmi eux les seigneurs Capulet et Montague, avec leurs femmes ; et peu de temps après arriva le prince lui-même, qui, étant apparenté à Mercutio, que Tybalt avait tué, et ayant eu la paix de son gouvernement souvent troublée par ces bagarres de Montagues et de Capulet, était déterminé à mettre la loi dans la plus stricte force contre ceux qui doivent être reconnus coupables. Benvolio, qui avait été témoin oculaire de la mêlée, fut chargé par le prince d'en raconter l'origine ; ce qu'il fit, gardant le plus près possible de la vérité sans nuire à Roméo, adoucissant et excusant la part que ses amis y prenaient. Lady Capulet, dont le chagrin extrême pour la perte de son parent Tybalt l'a fait garder aucune limite dans sa vengeance, a exhorté le prince à faire une justice stricte sur son meurtrier, et à,ne prêter aucune attention à la représentation de Benvolio, qui, étant l'ami de Roméo et un Montague, parla partiellement. Ainsi elle plaida contre son nouveau gendre, mais elle ne savait pas encore qu'il était son gendre et le mari de Juliette. D'un autre côté, on voyait Lady Montague plaider pour la vie de son enfant et arguant avec une certaine justice que Roméo n'avait rien fait de digne de punition en ôtant la vie à Tybalt, qui était déjà confisqué par la loi pour avoir tué Mercutio. Le prince, insensible aux exclamations passionnées de ces femmes, après un examen attentif des faits, prononça sa sentence, et par cette sentence Roméo fut banni de Vérone.

De lourdes nouvelles pour la jeune Juliette, qui n'était mariée que depuis quelques heures et qui, par ce décret, semblait divorcée à jamais ! Lorsque la nouvelle lui parvint, elle céda d'abord à la rage contre Roméo, qui avait tué son cher cousin. Elle l'appelait un beau tyran, un démon angélique, une colombe vorace, un agneau avec une nature de loup, un cœur de serpent caché avec un visage fleuri, et d'autres, comme des noms contradictoires, qui dénotaient les luttes dans son esprit entre son amour et son ressentiment. Mais à la fin l'amour prit le dessus, et les larmes qu'elle versa pour le chagrin que Roméo avait tué son cousin se transformèrent en gouttes de joie que vécut son mari que Tybalt aurait tué. Puis vinrent de nouvelles larmes, et elles furent tout à fait chagrinées du bannissement de Roméo. Ce mot était plus terrible pour elle que la mort de beaucoup de Tybalts.

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Roméo, après la mêlée, s'était réfugié dans la cellule de frère Laurent, où il fut d'abord mis au courant de la sentence du prince, qui lui parut bien plus terrible que la mort. Il lui semblait qu'il n'y avait pas de monde hors des murs de Vérone, pas de vie hors de la vue de Juliette. Le paradis était là où vivait Juliette, et tout au-delà n'était que purgatoire, torture, enfer. Le bon frère aurait appliqué à ses douleurs la consolation de la philosophie ; mais ce jeune homme affolé ne voulait rien entendre, mais comme un fou il s'arracha les cheveux et se jeta tout le long à terre, comme il disait, pour prendre la mesure de sa tombe. De cet état inconvenant, il fut tiré par un message de sa chère dame qui le ranima un peu ; et alors le frère en profita pour dénoncer avec lui la faiblesse inhumaine qu'il avait montrée. Il avait tué Tybalt, mais allait-il aussi se tuer, tuer sa chère dame, qui n'a vécu que dans sa vie ? La noble forme de l'homme, disait-il, n'était qu'une forme de cire lorsqu'elle avait besoin du courage qui devait la maintenir ferme. La loi lui avait été clémente qu'au lieu de la mort qu'il avait encourue, il n'avait prononcé par la bouche du prince que le bannissement. Il avait tué Tybalt, mais Tybalt l'aurait tué – il y avait une sorte de bonheur là-dedans. Juliette était vivante et (au-delà de tout espoir) était devenue sa chère épouse; là-dedans, il était le plus heureux. Toutes ces bénédictions, telles que les prétendait le frère, Roméo les lui ôta comme une fille maussade et mal conduite. Et le frère lui dit de prendre garde, car les désespérés (dit-il) moururent misérables. Puis, quand Roméo fut un peu calmé, il lui conseilla d'aller cette nuit-là et de prendre secrètement congé de Juliette, et de se rendre immédiatement à Mantoue, où il séjournerait jusqu'à ce que le frère trouve l'occasion de publier son mariage, ce qui pourrait être un moyen joyeux de réconcilier leurs familles ; et alors il ne doutait pas que le prince serait poussé à lui pardonner, et il reviendrait avec vingt fois plus de joie qu'il n'en était sorti avec douleur. Roméo fut convaincu par ces sages conseils du frère, et prit congé pour aller chercher sa dame, se proposant de rester avec elle cette nuit-là, et à l'aube de poursuivre seul son voyage à Mantoue ; à quel endroit le bon frère a promis de lui envoyer des lettres de temps en temps, le mettant au courant de l'état des affaires à la maison.

Cette nuit-là, Roméo passa avec sa chère épouse, pénétrant secrètement dans sa chambre depuis le verger où il avait entendu sa confession d'amour la veille. Cela avait été une nuit de joie et de ravissement sans mélange ; mais les plaisirs de cette nuit et les délices que ces amants prenaient dans la société l'un de l'autre étaient tristement apaisés par la perspective de la séparation et les funestes aventures de la veille. L'aurore importune semblait venir trop tôt, et lorsque Juliette entendit le chant matinal de l'alouette, elle se serait persuadée que c'était le rossignol, qui chante la nuit ; mais c'était trop bien l'alouette qui chantait, et une note discordante et déplaisante lui sembla ; et les stries du jour à l'est indiquaient aussi certainement qu'il était temps pour ces amants de se séparer. Roméo prit congé de sa chère épouse le cœur lourd, en lui promettant de lui écrire de Mantoue à toutes les heures du jour ; et quand il fut descendu de la fenêtre de sa chambre, alors qu'il se tenait au-dessous d'elle sur le sol, dans cet état d'esprit triste et pressentiment dans lequel elle se trouvait, il apparut à ses yeux comme un mort au fond d'un tombeau. L'esprit de Roméo l'égare de la même manière. Mais maintenant, il était forcé de partir à la hâte, car c'était la mort pour lui d'être trouvé dans les murs de Vérone après l'aube.

Ce n'était que le début de la tragédie de ce couple d'amoureux maudits. Roméo n'était pas parti depuis plusieurs jours que le vieux lord Capulet proposa un match à Juliette. Le mari qu'il s'était choisi pour elle, ne songeant pas qu'elle était déjà mariée, était le comte Paris, un galant, jeune et noble gentilhomme, pas indigne prétendant à la jeune Juliette si elle n'avait jamais vu Roméo.

La Juliette terrifiée était dans une triste perplexité à l'offre de son père. Elle a plaidé sa jeunesse impropre au mariage, la mort récente de Tybalt, qui avait laissé son esprit trop faible pour rencontrer un mari avec un visage de joie, et combien il serait inconvenant pour la famille des Capulet de célébrer une fête nuptiale quand ses solennités funèbres étaient à peine terminées. Elle a plaidé toutes les raisons contre le match, sauf la vraie, à savoir qu'elle était déjà mariée. Mais lord Capulet resta sourd à toutes ses excuses, et lui ordonna d'une manière péremptoire de se préparer, car le jeudi suivant elle serait mariée à Paris. Et lui ayant trouvé un mari riche, jeune et noble, tel que la plus fière des servantes de Vérone pouvait l'accepter avec joie, il ne pouvait pas supporter cela d'une timidité affectée, car il interprétait son reniement, elle devait opposer des obstacles à son propre bien. fortune.

Dans cette extrémité Juliette s'adressa au frère ami, toujours un conseiller en détresse, et il lui demanda si elle avait la résolution d'entreprendre un remède désespéré, et elle répondit qu'elle irait dans la tombe vivante plutôt que d'épouser Paris, son cher mari. vivant, il lui ordonna de rentrer chez elle et de paraître joyeuse, et de lui donner son consentement pour épouser Paris, selon le désir de son père, et la nuit suivante, qui était la veille du mariage, de boire le contenu d'une fiole qui il la lui donna alors, ce qui aurait pour effet que pendant quarante-deux heures après l'avoir bu, elle paraîtrait froide et sans vie, et quand le marié viendrait la chercher le matin, il la trouverait en apparence morte ; qu'alors elle serait portée, comme la manière dans ce pays était, découverte sur un cercueil, pour être enterrée dans le caveau familial ; que si elle pouvait repousser la peur féminine et consentir à cette terrible épreuve, quarante-deux heures après avoir avalé le liquide (telle était son opération certaine), elle serait sûre de se réveiller, comme d'un rêve ; et avant qu'elle ne se réveille, il informerait son mari de leur dérive, et il viendrait dans la nuit et l'emmènerait de là à Mantoue. L'amour et la crainte d'épouser Paris donnèrent à la jeune Juliette la force d'entreprendre cette horrible aventure ; et elle prit la fiole du moine, promettant d'observer ses instructions.

En sortant du monastère, elle rencontra le jeune comte de Paris, et, en se dissimulant modestement, lui promit de devenir son épouse. Ce fut une joyeuse nouvelle pour le seigneur Capulet et sa femme. Cela semblait mettre de la jeunesse dans le vieil homme ; et Juliette, qui lui avait beaucoup déplu par son refus du comte, était de nouveau sa chérie, maintenant elle promettait d'être obéissante. Tout dans la maison s'agitait contre les noces qui approchaient. Aucun coût n'a été épargné pour préparer de telles réjouissances de festival comme Vérone n'en avait jamais été témoin auparavant.

Le mercredi soir, Juliet but la potion. Elle avait beaucoup de craintes que le frère, pour éviter le blâme qui pourrait lui être imputé de l'avoir mariée à Roméo, ne lui eût donné du poison ; mais alors il était toujours connu pour un saint homme. Alors de peur qu'elle ne se réveille avant l'heure où Roméo devait venir la chercher ; si la terreur de l'endroit, un caveau plein d'ossements de Capulet morts, et où Tybalt, tout ensanglanté, gisait purulent dans son linceul, ne suffirait pas à la distraire. De nouveau, elle repensa à toutes les histoires qu'elle avait entendues d'esprits hantant les lieux où leurs corps avaient été donnés. Mais alors son amour pour Roméo et son aversion pour Paris sont revenus, et elle a désespérément avalé le projet et est devenue insensible.

Quand le jeune Paris arrivait tôt le matin avec de la musique pour réveiller sa fiancée, au lieu d'une Juliette vivante, sa chambre offrait le triste spectacle d'un corps sans vie. Quelle mort pour ses espérances ! Quelle confusion régnait alors dans toute la maison ! Le pauvre Paris se lamentant sur sa fiancée, dont la mort la plus détestable l'avait séduit, avait divorcé de lui avant même que leurs mains ne se fussent jointes. Mais plus pitoyable encore était d'entendre les deuils du vieux seigneur et de lady Capulet, qui n'ayant que celui-ci, un pauvre enfant aimant pour se réjouir et réconforter, la mort cruelle l'avait arrachée à leur vue, juste au moment où ces parents prudents étaient sur au point de la voir avancer (comme ils le pensaient) par un match prometteur et avantageux. Maintenant, toutes les choses qui ont été ordonnées pour le festival ont été détournées de leurs propriétés pour faire l'office d'un enterrement noir. Les acclamations des noces servaient à un triste festin funéraire, les hymnes nuptiales étaient changés en chant funèbres maussades, les instruments enjoués en mélancolie. Maintenant, au lieu d'un prêtre pour l'épouser, il fallait un prêtre pour l'enterrer, et elle fut effectivement portée à l'église, non pour augmenter les espérances joyeuses des vivants, mais pour grossir le nombre morne des morts.

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Les mauvaises nouvelles, qui voyagent toujours plus vite que les bonnes, apportaient maintenant la triste histoire de la mort de sa Juliette à Roméo, à Mantoue, avant que le messager envoyé par frère Lawrence pour l'informer qu'il ne s'agissait que de fausses funérailles, et que l'ombre et la représentation de la mort, et que sa chère dame n'était restée que peu de temps dans la tombe, s'attendant à ce que Roméo vienne la libérer de ce triste manoir. Juste avant, Roméo avait été inhabituellement joyeux et léger. Il avait rêvé dans la nuit qu'il était mort (un rêve étrange, qui a permis à un mort de réfléchir) et que sa dame est venue et l'a trouvé mort, et a respiré une telle vie avec des baisers dans ses lèvres qu'il a ressuscité et était un empereur ! Et maintenant qu'un messager venait de Vérone, il pensait sûrement que c'était pour confirmer une bonne nouvelle que ses rêves avaient présagée. Mais quand le contraire à cette vision flatteuse apparut, et que c'était sa dame qui était vraiment morte, qu'il ne pouvait ranimer par aucun baiser, il ordonna de préparer les chevaux, car il résolut cette nuit-là de visiter Vérone et de voir sa dame dans sa tombe. Et comme le mal est prompt à entrer dans les pensées des hommes désespérés, il se souvint d'un pauvre apothicaire, dont il avait récemment quitté la boutique à Mantoue, et de l'apparence mendiante de l'homme, qui semblait affamé, et le spectacle misérable dans son spectacle de boîtes vides rangées sur des étagères sales, et d'autres témoignages d'une extrême misère, avait-il dit à l'époque (peut-être craignant que sa propre vie désastreuse ne rencontre une conclusion si désespérée) :

?Si un homme avait besoin de poison, que la loi de Mantoue c'est la mort à vendre, vit ici un malheureux qui le lui vendrait.?

Ces paroles lui vinrent alors à l'esprit et il alla chercher l'apothicaire, qui après quelques prétendus scrupules, Roméo lui offrant de l'or, auquel sa pauvreté ne put résister, lui vendit un poison que, s'il avalait, il lui dit, s'il avait la force de vingt hommes, l'enverrait rapidement.

Avec ce poison, il partit pour Vérone, pour apercevoir sa chère dame dans son tombeau, c'est-à-dire, quand il aurait satisfait sa vue, avaler le poison et être enterré à ses côtés. Il arriva à Vérone à minuit, et trouva le cimetière au milieu duquel était situé l'ancien tombeau des Capulet. Il avait fourni une lumière, une bêche et un fer à déchirer, et s'apprêtait à briser le monument lorsqu'il fut interrompu par une voix qui, du nom de VILE MONTAGUE, lui ordonna de renoncer à ses affaires illégales. C'était le jeune comte de Paris, qui était venu au tombeau de Juliette à cette heure insolite de la nuit pour semer des fleurs et pleurer sur la tombe de celle qui aurait dû être son épouse. Il ne savait pas quel intérêt Roméo avait pour les morts, mais, sachant qu'il était un Montague et (comme il le supposait) un ennemi juré de tous les Capulet, il jugea qu'il était venu de nuit pour faire quelque honte crapuleuse aux morts. corps; c'est pourquoi, d'un ton coléreux, il lui ordonna de renoncer ; et comme criminel, condamné par les lois de Vérone à mourir s'il avait été trouvé dans les murs de la ville, il l'aurait appréhendé. Roméo pressa Paris de le quitter et l'avertit, par le sort de Tybalt, qui y était enterré, de ne pas provoquer sa colère ou d'attirer un autre péché sur sa tête en le forçant à le tuer. Mais le comte avec mépris refusa son avertissement, et lui imposa la main comme un criminel, ce que, Roméo résistant, ils combattirent, et Paris tomba. Quand Roméo, à l'aide d'une lumière, vint voir qui c'était qu'il avait tué, que c'était Paris, qui (il apprit à sa manière de Mantoue) aurait dû épouser Juliette, il prit le jeune mort par la main, comme quelqu'un dont le malheur avait fait un compagnon, et dit qu'il l'enterrerait dans une tombe triomphale, c'est-à-dire dans la tombe de Juliette, qu'il ouvrit maintenant. Et là reposait sa dame, comme une personne sur laquelle la mort n'avait aucun pouvoir pour changer un trait ou un teint, dans sa beauté incomparable ; ou comme si la mort était amoureuse, et que le monstre maigre et abhorré la gardait là pour son plaisir ; car elle gisait encore fraîche et épanouie, comme elle s'était endormie en avalant cette potion engourdissante ; et près d'elle gisait Tybalt dans son linceul sanglant, que Roméo voyant, demanda pardon de son corps sans vie, et pour l'amour de Juliette l'appela COUSIN, et dit qu'il allait lui faire une faveur en mettant son ennemi à mort. Ici Roméo a pris son dernier congé des lèvres de sa dame, les embrassant ; et ici il secoua le fardeau de ses étoiles croisées de son corps fatigué, avalant ce poison que l'apothicaire lui avait vendu, dont l'opération était fatale et réelle, pas comme cette potion dissimulée que Juliette avait avalée, dont l'effet était maintenant presque expirant , et elle allait se réveiller pour se plaindre que Roméo n'avait pas tenu son temps, ou qu'il était venu trop tôt.

Car maintenant l'heure était arrivée à laquelle le frère avait promis qu'elle se réveillerait ; et lui, ayant appris que ses lettres qu'il avait envoyées à Mantoue, par quelque malheureuse détention du messager, n'étaient jamais parvenues à Roméo, vint lui-même, muni d'une pioche et d'une lanterne, délivrer la dame de son accouchement ; mais il fut surpris de trouver une lumière déjà allumée dans le monument des Capulet, et de voir des épées et du sang près d'elle, et Roméo et Paris étendus à bout de souffle près du monument,

Avant qu'il ne pût faire une conjecture, imaginer comment ces accidents mortels s'étaient produits, Juliette se réveilla de sa transe, et, voyant le frère près d'elle, elle se souvint de l'endroit où elle était, et de l'occasion pour laquelle elle s'y trouvait, et demanda pour Roméo, mais le frère, entendant un bruit, lui fit sortir de ce lieu de mort et de sommeil contre nature, car une puissance plus grande qu'ils ne pouvaient contredire avait contrecarré leurs intentions ; et, effrayé par le bruit des gens qui venaient, il s'enfuit. Mais quand Juliette a vu la coupe fermée dans les mains de son véritable amour, elle a deviné que le poison avait été la cause de sa fin, et elle aurait avalé la lie s'il en avait été laissé, et elle a embrassé ses lèvres encore chaudes pour essayer si n'importe quel poison pourtant s'accrochait à eux ; puis, entendant un bruit plus proche de gens qui arrivaient, elle dégaina rapidement un poignard qu'elle portait, et, se poignardant, mourut à côté de son vrai Roméo.

La montre à ce moment-là était arrivée à l'endroit. Un page appartenant au comte de Paris, qui avait assisté à la lutte entre son maître et Roméo, avait donné l'alarme, qui s'était répandue parmi les citoyens, qui parcouraient les rues de Vérone en s'écriant confusément : ?Un parisien ! un Roméo ! une Juliette !? comme la rumeur leur était parvenue imparfaitement, jusqu'à ce que le tumulte fit sortir lord Montague et lord Capulet de leurs lits, avec le prince, pour s'enquérir des causes du trouble. Le moine avait été appréhendé par une partie du guet, venant du cimetière, tremblant, soupirant et pleurant d'une manière suspecte. Une grande multitude étant réunie au monument des Capulet, le frère fut prié par le prince de livrer ce qu'il savait de ces accidents étranges et désastreux.

Et là, en présence des vieux seigneurs Montague et Capulet, il raconta fidèlement l'histoire de l'amour fatal de leurs enfants, la part qu'il prit à favoriser leur mariage, dans l'espoir de cette union de mettre fin aux longues querelles entre leurs familles ; comment Roméo, là mort, était le mari de Juliette, et Juliette, là morte, était la fidèle épouse de Roméo ; comment, avant qu'il ait pu trouver une occasion convenable de divulguer leur mariage, un autre match a été projeté pour Juliette, qui, pour éviter le crime d'un second mariage, a avalé le somnifère (comme il l'a conseillé), et tous l'ont crue morte ; entre-temps, il écrivit à Roméo de venir l'emmener de là quand la force de la potion cesserait, et par quelle malheureuse fausse couche du messager les lettres n'arrivèrent jamais à Roméo. De plus, le frère ne pouvait pas suivre l'histoire, ni en savoir plus que cela, venant lui-même délivrer Juliette de ce lieu de mort, il trouva le comte Paris et Roméo tués. Le reste des transactions était fourni par le récit du page qui avait vu Paris et Roméo se battre, et par le domestique venu avec Roméo de Vérone, à qui cet amant fidèle avait remis des lettres à remettre à son père en cas de sa mort, qui a exaucé les paroles du frère, confessant son mariage avec Juliette, implorant le pardon de ses parents, reconnaissant l'achat du poison du pauvre apothicaire et son intention de venir au monument pour mourir et coucher avec Juliette. Toutes ces circonstances convenaient de dégager le frère de toute main qu'il pouvait être supposé avoir dans ces massacres compliqués, plus que comme les conséquences involontaires de ses propres artifices bien intentionnés, mais trop artificiels et subtils.

Et le prince, se tournant vers ces vieux seigneurs, Montague et Capulet, les réprimanda pour leurs inimitiés brutales et irrationnelles, et leur montra quel fléau le ciel avait posé sur de telles offenses, qu'il avait trouvé des moyens même par l'amour de leurs enfants pour punir leur haine contre nature. Et ces vieux rivaux, non plus ennemis, ont accepté d'enterrer leur longue lutte dans les tombes de leurs enfants ; et lord Capulet pria lord Montague de lui tendre la main, en l'appelant du nom de frère, comme en reconnaissance de l'union de leurs familles par le mariage du jeune Capulet et de Montague ; et disant que la main de lord Montague (en gage de réconciliation) était tout ce qu'il demandait pour l'union de sa fille. Mais Lord Montague a dit qu'il lui donnerait plus, car il lui élèverait une statue d'or pur qui, tandis que Vérone a gardé son nom, aucune figure ne devrait être aussi estimée pour sa richesse et son exécution que celle de la vraie et fidèle Juliette. Et Lord Capulet en retour dit qu'il élèverait une autre statue à Roméo. Ainsi ces pauvres vieux seigneurs, quand il était trop tard, s'efforçaient de se sortir les uns des autres dans des courtoisies mutuelles ; tandis que leur rage et leur inimitié avaient été si meurtrières dans le passé que rien d'autre que le renversement effrayant de leurs enfants (de pauvres sacrifices à leurs querelles et dissensions) ne pouvait éliminer les haines et les jalousies enracinées des familles nobles.


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